Le Cameroun réaffirme l’interdiction des programmes de doctorat dans les universités privées
Le ministère de l’Enseignement supérieur a publié une nouvelle directive réaffirmant qu’aucune université privée ni aucun établissement privé d’enseignement supérieur n’est autorisé à offrir des programmes de doctorat au Cameroun. Il s’agit de la position la plus ferme adoptée par le gouvernement dans sa volonté de réguler la formation doctorale à l’échelle nationale.
Le communiqué, signé le 13 avril 2026 par le ministre de l’Enseignement supérieur, Pr Jacques Fame Ndongo, avertit que tout doctorat obtenu dans un établissement privé ou via un partenariat étranger opéré localement ne sera pas reconnu par l’État.
Cette mise au point intervient alors que les autorités dénoncent une multiplication de formations doctorales non autorisées, notamment à travers des partenariats offshore et des programmes à distance proposés par certains établissements privés.
Le gouvernement déclare illégaux tous les doctorats du secteur privé
Selon le ministère, seules les universités publiques sont habilitées à organiser des formations doctorales. La directive précise que :
- Les universités privées ne peuvent pas recruter, former ou diplômer de doctorants.
- Tout établissement proposant un doctorat agit en violation de la loi.
- Les étudiants inscrits dans ces programmes risquent d’obtenir des diplômes non reconnus.
Les autorités justifient cette interdiction par les exigences élevées de la formation doctorale : infrastructures de recherche, laboratoires accrédités, enseignants permanents qualifiés, des ressources dont la majorité des établissements privés ne disposent pas.
Le ministère affirme que cette mesure vise à préserver la qualité académique et à éviter que des étudiants investissent dans des diplômes sans valeur professionnelle ou administrative.
Une offensive contre les doctorats “offshore” et les partenariats étrangers
La directive de 2026 cible également un phénomène en expansion : les programmes doctoraux proposés par des universités étrangères mais délivrés localement via des institutions privées camerounaises.
Le ministère est catégorique :
- Aucun partenariat doctoral offshore n’est actuellement autorisé au Cameroun.
- Les diplômes issus de ces programmes ne seront pas validés.
- Les établissements impliqués s’exposent à des sanctions.
Cette décision touche de nombreux étudiants inscrits dans des parcours doctoraux affiliés à des universités étrangères mais opérés sur le territoire camerounais.
Des étudiants dans l’incertitude face à l’invalidité de leurs diplômes
Les conséquences sont immédiates pour les doctorants inscrits hors du système public. Les diplômes issus de programmes privés ou offshore ne seront pas acceptés pour :
- les concours de la fonction publique
- les promotions académiques
- l’évolution professionnelle
- la reconnaissance officielle des titres
Certains étudiants s’inquiètent des frais déjà engagés, tandis que d’autres cherchent à savoir s’il sera possible d’intégrer une université publique.
Les universités publiques rouvrent les doctorats sous de nouvelles règles strictes
Cette interdiction intervient alors que le gouvernement a décidé de rouvrir les admissions en doctorat dans les universités publiques, après deux années de suspension. Pour l’année académique 2025/2026, le ministère a fixé un quota national de 600 doctorants, répartis entre 11 universités d’État.
Le nouveau cadre prévoit :
- L’admission réservée aux titulaires d’un Master Recherche.
- Une note minimale de 12/20.
- Un encadrement limité à 3 doctorants camerounais et 2 étrangers par directeur de thèse.
- Des frais annuels fixés à 50 000 FCFA pour les nationaux.
- La prise en charge par l’État des coûts d’encadrement et de soutenance.
Les autorités affirment que ces réformes visent à renforcer la qualité de la recherche, réduire la surcharge des encadreurs et aligner la formation doctorale sur les standards internationaux.
Vers une centralisation totale de la formation doctorale
Avec la directive de 2026, le Cameroun centralise désormais l’ensemble de la formation doctorale au sein des universités publiques. Les établissements privés peuvent continuer à proposer des licences et des masters, mais le doctorat reste exclusivement réservé au secteur public.
Le ministère estime que ces mesures sont nécessaires pour garantir l’intégrité académique et maintenir la crédibilité des diplômes camerounais, tant au niveau national qu’international.
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